Sylas est arrivé à la méditation du soir avec une demi-heure de retard. Nous n'avons pas levé les yeux. Le Cercle a continué de respirer, et il a pris sa place comme s'il n'avait rien brisé. Le lendemain, je lui ai confié la copie des registres du Trésor. Trois jours, seul, dans la salle des Scribes. La semaine suivante, les cuisines, pendant que les autres étudiaient les rites de la Méditation des Trois Souffles. Je l'ai vu peler des racines en silence, la tête tournée vers la cloison. Il écoutait leurs voix. Au bout d'un mois, il a compris. Personne ne l'accusait. Personne ne le punissait. Chaque minute volée au groupe lui revenait en tâches, en exclusions, en silences. Le Cercle rembourse toujours ce qu'on lui prend. Il est venu me voir un soir. Il voulait savoir combien de temps il lui restait à purger. Je n'ai pas répondu. — Énarque Flavic, Scribe de la Raison